Imprimer

Dossiers thématiques

Foire aux questions - Plateformes

 

L'ASSTSAS remercie l'ASP Construction pour sa collaboration à l'élaboration de ces textes et à la publication des photos ci-dessous.

Pour toute information complémentaire ou pour nous faire part de vos commentaires et suggestions concernant cette foire aux questions, contactez Valérie Hensley.

 

1 - Qu’est-ce qu’une plateforme de type ciseaux ?

On désigne par plateforme de type ciseaux toute plateforme, fixe ou extensible, dont le dispositif de levage est constitué de poutres métalliques disposées en ciseaux. Ces poutres se déploient à l’aide de cylindres hydrauliques ou pneumatiques.

 

Plateforme fixe de type ciseaux 

 

Plateforme extensible de type ciseaux 

 Plateforme fixe de type ciseaux

 

 Plateforme extensible de type ciseaux

   

2 - Qu’est-ce qu’une plateforme de type girafe ?

On désigne par plateforme de type girafe toute plateforme munie d’un mât - télescopique, articulé ou rotatif - qui permet de porter la plateforme au-delà des dimensions du porteur.

Plateforme girafe à mat droit 

 

Plateforme girafe à mat articulé 

 Plateforme girafe à mât droit

 

 Plateforme girafe à mât articulé

   

3 - Qu’est ce que le porteur ?

Le porteur est le poste de commande au sol. Il comporte toutes les commandes pour faire fonctionner la plateforme depuis le sol à l’exception des commandes de déplacement. L’opérateur peut donc effectuer toutes les manœuvres à partir de ce poste de commande sauf avancer et reculer.

Important : ce poste de commande, appelé aussi poste secondaire, a priorité sur celui de la plateforme (appelé aussi poste primaire) de manière à permettre de porter assistance à un travailleur en hauteur incapable de descendre de la plateforme par lui-même.

Porteur_1

 

   

Porteur_2 

 Exemples de porteurs

 

 

  

4 - Où se situe le dispositif de descente manuelle de la plateforme ?

Il est situé sur le porteur, c’est-à-dire sur le poste de commande au sol (secondaire). Ce dispositif a pour fonction de chasser l’huile des cylindres hydrauliques, entraînant une descente lente de la plateforme.

L’opérateur de la plateforme doit connaître sa localisation et son type (valve, bouton ou poignée) et vérifier cet élément lors de son inspection quotidienne de l’équipement.

Dispositif de descente manuelle

 

   

Dispositif de descente manuelle 

     Dispisitif de descente manuelle

Différents types de dispositifs de descente manuelle 

 

5 - Quel est le nombre maximum autorisé de travailleurs sur une plateforme ?

En tout temps, seuls les travailleurs autorisés doivent avoir accès à une plateforme.

Sur une plateforme de type girafe, deux travailleurs maximum peuvent être présents simultanément, et ce, sous réserve du respect de la capacité nominale de la plateforme.

Sur une plateforme de type ciseaux, cinq travailleurs maximum peuvent se trouver sur la plateforme (Art. 3.10.7.2b du Code de sécurité des travaux de construction), et ce, sous réserve du respect de la capacité nominale de la plateforme.

 

6 - Quelles sont les inspections prévues par le Code de sécurité des travaux de construction (CS) et par les normes CSA sur les plateformes élévatrices automotrices ?

Ces documents prévoient plusieurs inspections :

  • inspection initiale (à l’arrivée sur le chantier) :
    selon l’article 3.10.1-b du CS, tout équipement doit être vérifié par une personne compétente avant son emploi initial sur le chantier et quotidiennement par la suite lorsqu’il est en usage. Cette inspection vise principalement à vérifier la présence et le bon état de toutes les composantes de l’équipement. Elle doit être effectuée à partir du sol et à partir de la plateforme.

    Avant le début de tout chantier, l’employeur (ou l’un de ses représentants) doit donc procéder à une inspection rigoureuse de l’équipement, même si celui-ci est loué ou qu’il provient d’un autre chantier. Si vous faites appel à des entrepreneurs ou à des sous-traitants, vous devez vous assurer qu’ils s’acquittent comme il se doit de cette obligation ;
  • inspection quotidienne par l’opérateur :
    chaque jour, cette vérification porte sur les composantes qui ont un effet direct sur l’opération sécuritaire de la plateforme. Cette inspection est exigée par la norme CSA B354.2-01 « Self-propelled elevating work platforms ».

    Elle doit être effectuée au début du quart de travail ou juste avant d’utiliser la plateforme, à partir du sol, puis à partir de la plateforme.

    • Exemples de points à valider (liste non exhaustive).

      Inspection à partir du sol

      Inspection à partir de la plateforme

      • Doit être conforme à la procédure exigée par le fabricant.
      • S’effectue à partir du porteur (poste de commande au sol).
      • S’effectue en général après démarrage dans un endroit dégagé.
      • Procéder seulement après que l’inspection à partir du sol ait été favorablement complétée.
      • Effectuer l’inspection après démarrage dans un endroit dégagé.

      En général :

      • vérifier les niveaux des fluides du moteur, le bon fonctionnement de l’avertisseur du 5 degrés (pour les plateformes de type girafe) et de l’arrêt d’urgence. L’alarme devrait sonner dès que l’inclinaison de la plateforme atteint 5 degrés, quel qu’en soit le sens ;
      • élever la plateforme (dans toutes les directions pour la girafe) et
        • vérifier l’absence de fuite au niveau des cylindres hydrauliques ;
        • s’assurer que le système de descente manuelle est fonctionnel ;
      • procéder à la descente de la plateforme.

       

      • Tester l’ensemble des commandes (arrêt d’urgence, fonctionnement des stabilisateurs, monter/descendre, avant/arrière, rotation des roues, entrée/sortie du mât, pivotement de la plateforme, etc.).
      • Pour les plateformes de type ciseaux, valider la bonne conformité de l’extension de la plateforme.

      Structure :

      • valider l’absence de fissures, de déformations ou de fuites d’huile ;
      • valider l’état des soudures et de la barre de sécurité.
       

      Pneus :

      • valider le bon état (usure, absence de coupures, perforations, etc.).
       

L’ASP Construction propose un registre d’inspection à commander en ligne.

 

  • inspection / entretien préventif
    La norme CSA B354.2-01 « Self-propelled elevating work platforms » recommande les inspections suivantes :
    • inspection périodique au minimum toutes les 200 heures d’utilisation ;
    • inspection annuelle, ou après 700 heures d’utilisation, au premier des deux termes échu (inspection plus complète que l’inspection périodique) ;
    • inspection structurale dès que la plateforme a subi un dommage ou au maximum 10 ans après sa date de fabrication, puis tous les 5 ans par la suite. Cette inspection approfondie doit être réalisée sous la supervision d’un ingénieur.

Cette recommandation est devenue obligatoire depuis la parution d’un avis de danger de la CSST.

 

7 - Comment inspecter l’avertisseur du 5 degrés sur une plateforme de type girafe ?

Les plateformes à mât articulé sont équipées d’un avertisseur qui prévient le conducteur quand le porteur de la plateforme se trouve à un angle de 5 degrés ou plus par rapport à l’horizontale dans n’importe quelle direction. Cet avertisseur ne doit pas être modifié ni mis hors service.

Pour tester le fonctionnement de ce dispositif, l’opérateur devrait  :

  • mettre la plateforme à niveau ;
  • écraser le ressort au maximum avec ses mains.

Dans ce cas, l’avertisseur devrait se déclencher.

Avertisseur de 5 degrés

 Avertisseur de 5 degrés

   

8 - Quels sont les critères de sélection d’une plateforme ?

Les critères ci-dessous devraient être pris en considération (liste non exhaustive) :

  • espace disponible en hauteur. La largeur de la plateforme peut être trop grande pour l’espace existant du fait de la configuration des lieux ou de la présence d’obstacles, tels que des canalisations ou conduits de ventilation ;
  • espace disponible au sol. Vérifier que le porteur de la plateforme entre dans l’espace choisi, que les stabilisateurs peuvent être déployés correctement et que l’ensemble des manœuvres pourront être effectuées ;
  • capacité requise. Elle doit permettre de supporter les employés, leurs équipements de protection individuels et leurs outils de travail, mais pas les matériaux. La plateforme est avant tout un appareil de levage pour les travailleurs ;
  • traction requise. 2 ou 4 roues motrices ;
  • type et niveau du sol. Si le terrain est accidenté , il faut opter pour des modèles de plateformes adaptés, conçus pour les surfaces non-compactées, équipés de gros pneus avec d’importants reliefs, plus robustes et plus stables que d’autres modèles. Malgré tout, le Construction Safety Association of Ontario (CSAO) recommande que les plateformes ne soient pas utilisées dans des pentes de plus de 50:1 (50 pieds de long pour 1 pied de profondeur), et ne passent pas non plus dans des trous de plus de 10 cm (4 po) à moins d’avoir une protection contre les nids de poule.

    Si le sol est ferme et de niveau ou encore la plateforme est utilisée à l’intérieur d’un bâtiment, les plateformes conçues pour des surfaces asphaltées ou constituées de dalles peuvent être utilisées. Ces dernières ont des critères de stabilité moindres et sont équipées de pneus plus petits avec moins de reliefs ;
  • environnement de travail :
    • lieu des travaux (intérieur ou extérieur). La localisation des travaux va avoir un impact sur le choix du mode de propulsion du porteur de la plateforme, électrique ou à combustion (essence, propane ou diesel) ;
    • les plateformes au propane, à l’essence ou au diésel devraient être exclusivement utilisées à l’extérieur tandis que les plateformes électriques doivent être utilisées pour des travaux à l’intérieur eu égard aux risques d’intoxication à considérer. En effet, les plateformes qui fonctionnent à essence, au diésel ou au propane produisent des gaz d’échappement nocifs, contenant principalement du monoxyde de carbone (CO) et des oxydes d’azote (monoxyde NO et bioxyde NO2).

    Moteurs à essence  Dégagent le plus de CO.
    Moteurs au diésel Dégagent du CO2 en quantité moindre que les moteurs à essence, mais davantage d’oxydes d’azote (ex. : NO et de NO2).
    Moteurs au propane Dégagent moins de CO que les deux  précédents, mais néanmoins en quantité non négligeable.
    L’utilisation de plateformes au propane pour des travaux à l’intérieur devrait être bannie : des études effectuées par des CLSC montrent qu’il est rare que les gaz d’échappement soient maintenus sous les limites réglementaires par la seule ventilation présente, notamment en ce qui a trait au monoxyde de carbone.

    Lorsqu’ils sont présents en concentration suffisante dans l’air, ces gaz toxiques peuvent donc entraîner des risques pour les utilisateurs, mais également pour les autres travailleurs, les bénéficiaires ou les tiers situés à proximité.

    Cependant, si des plateformes autres qu’électriques devaient être utilisées à l’intérieur d’un bâtiment, il faudrait considérer en parallèle les éléments suivants :
    • l’article 3.10.17 -2 du Code de sécurité des travaux de construction (CS) mentionne que les impuretés de l’air produites à l’intérieur de toute construction fermée doivent être éliminées dès leur point d’origine afin de réduire leur concentration à un taux inférieur aux valeurs limites indiquées dans le Règlement sur la santé et la sécurité du travail (RSST).

      Il faut donc :
      • s’assurer que les concentrations des gaz d’échappement respectent les valeurs d ’exposition moyenne pondérée (8 heures) :
        CO: 35 ppm
        NO : 25 ppm 
        NO2: 3 ppm
      • ventiler adéquatement la zone de travail ;
      • surveiller la qualité de l’air dans l’environnement de travail et les zones susceptibles d’être contaminées. Par exemple, des détecteurs de CO doivent être prévus lors de travaux impliquant des plateformes mues par des moteurs à combustion ;
    • la quantité de gaz d’échappement émise peut être diminuée par la présence d’un convertisseur catalytique sur la plateforme. Cependant, ces équipements doivent être calibrés de façon régulière (minimalement 1 fois par mois).
  • Atmosphère classifiée ou non en fonction du type d’équipement électrique.
  • Hauteur d'accès requise. Considérer la hauteur à laquelle la plateforme doit se rendre pour la sélectionner adéquatement.

 

9 - Comment sélectionner un fournisseur de plateformes ?

Si vous louez une plateforme élévatrice, voici quelques critères pour sélectionner un locateur de qualité :

  • votre locateur devrait faire la preuve que son équipement est en bon état. Ainsi, il devrait produire tant le certificat d’inspection mécanique de l’équipement que son registre d’entretien, le cas échéant ;
  • votre locateur devrait aussi être en mesure de vous remettre un manuel du fabricant ou un document s’y apparentant, et ce, en français. Les étiquettes et informations sur l’équipement devraient aussi être libellées en français ;
  • une formation spécifique devrait être proposée au futur opérateur de l’équipement ;
  • il devrait accepter d’être présent à l’inspection à l’arrivée de l’équipement sur le chantier avant le début des travaux ;
  • il devrait aussi vous fournir des fiches pour procéder à l’inspection quotidienne de l’équipement. S’il ne le fait pas, vous pouvez vous en commander auprès de l’ASP Construction.


 

Si vous achetez une plateforme élévatrice, le vendeur doit être en mesure de produire par écrit l’historique complet de l’entretien de l’équipement.

Note : effectuer une inspection structurale à l’achat - voir référence art. 5.3.4.1 de la norme CSA-B354.2-01.

 

10 - Quelles indications doivent figurer sur la plaque signalétique du porteur d’une plateforme ?

Voici ce qui doit apparaître sur une telle plaque :

  • marque, modèle, numéro de série ;
  • charge nominale et charte, le cas échéant ;
  • genre d’appareil (surface compactée, terrain accidenté) ;
  • hauteur maximale d’élévation ;
  • portée horizontale maximum ;
  • tension maximum des circuits électriques ;
  • restrictions particulières – ex. : nécessité d’utiliser les supports en saillie ou les stabilisateurs pour satisfaire aux exigences de stabilité de la plateforme.

Exemple de plaque signalétique

   

11 - Quels sont les risques d’intoxication liés à l’utilisation de propane et que faire pour les éviter ou les contrôler ?

Des gaz d’échappement, contenant principalement du monoxyde de carbone (CO) et des oxydes d’azote (monoxyde NO et bioxyde NO2), sont produits par les plateformes fonctionnant à essence, au diésel ou au propane.

Moteurs à essence 

Dégagent le plus de CO.

Moteurs au diésel

Dégagent du CO2 en quantité moindre que les moteurs à essence, mais davantage d’oxydes d’azote (ex. : NO et de NO2).

Moteurs au propane

Dégagent moins de CO que les deux  précédents, mais néanmoins en quantité non négligeable.

Le risque augmente significativement si plusieurs plateformes propulsées par moteur à combustion sont utilisées dans une zone de travail mal ventilée.

Gaz d'échappement Valeurs d'exposition  Propriétés

VEMP

 VECD

 CO

35 ppm ou 40 mg/m3

200 ppm ou 230 mg/m3 

Incolore, inodore, gaz modérément lourd qui se situe à quelques pieds du niveau du sol.

En concentration importante, le CO peut s’avérer mortel.
Il provoque maux de tête, nausées, évanouissement.

 NO et NO2

NO : 25 ppm ou 31 mg/m3

NO2 : 3 ppm ou 5,6 mg/m3

Pas de VECD

Pas de VECD

Gaz irritants pour les yeux et les voies respiratoires.

 

  • Opter pour un mode de propulsion approprié. Les plateformes au propane, à l’essence ou au diésel devraient être exclusivement utilisées à l’extérieur tandis que les plateformes électriques peuvent être utilisées pour des travaux à l’intérieur eu égard aux risques d’intoxication.
  • S’assurer que les concentrations des gaz d’échappement respectent les valeurs d’exposition moyenne pondérée (8 heures) en référence à l’article 3.10.17 -2 du CS : ce dernier mentionne que les impuretés de l’air, produites à l’intérieur de toute construction fermée, doivent être éliminées dès leur point d’origine, afin de réduire leur concentration à un taux inférieur aux valeurs limites indiquées dans le Règlement sur la santé et la sécurité du travail. Ventiler adéquatement la zone de travail. 
  • Surveiller la qualité de l’air dans l’environnement de travail et des les zones susceptibles d’être contaminées. Par exemple, des détecteurs de CO doivent être prévus lors de travaux impliquant des plateformes mues par des moteurs à combustion.
  • Respecter un programme d’entretien préventif des plateformes. S’assurer du bon respect d’un tel programme par ses sous-traitants est aussi un élément important pour contrôler le risque. En plus d’être davantage performant et d’être moins sujet à des bris, un équipement bien entretenu produit moins de gaz nocifs car la combustion du carburant se fait de façon plus complète.
  • Pour terminer, utiliser la plateforme de façon sécuritaire en respectant l’article 3.10.17-3 du Code de sécurité des travaux de construction (CS) qui stipule que dès que le système de ventilation mécanique cesse de fonctionner, tout moteur à combustion interne doit être immédiatement arrêté et n’être remis en marche que lorsque le système de ventilation fonctionne à nouveau.

Définitions extraites du Règlement sur la santé et la sécurité du travail (Annexe 1)

  • VALEUR D'EXPOSITION DE COURTE DURÉE (VECD) : concentration moyenne, pondérée sur 15 minutes, pour une exposition à une substance chimique (sous forme de gaz, poussières, fumées, vapeurs ou brouillards) présente dans l'air au niveau de la zone respiratoire du travailleur qui ne doit pas être dépassée durant la journée de travail, même si la valeur d'exposition moyenne pondérée est respectée.

L'exposition moyenne au cours d'une période de 15 minutes consécutives peut être comprise entre la VEMP et la VECD, en autant que de telles expositions ne se reproduisent pas plus de 4 fois par jour et qu'elles soient entrecoupées l'une de l'autre par des périodes d'au moins 60 minutes.

  • VALEUR D'EXPOSITION MOYENNE PONDÉRÉE (VEMP) : concentration moyenne, pondérée pour une période de 8 h par jour, en fonction d'une semaine de 40 h, d'une substance chimique (sous forme de gaz, poussières, fumées, vapeurs ou brouillards) présente dans l'air au niveau de la zone respiratoire du travailleur.

Pour toute période de travail d'une durée égale ou supérieure à 4 h mais inférieure à 8 h ou d'une durée supérieure à 8 h mais inférieure ou égale à 16 h, une valeur d'exposition moyenne ajustée (VEMA) doit être établie suivant le Guide d'ajustement des valeurs d'exposition admissibles pour les horaires de travail non-conventionnels, publié par l'Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail, tel qu'il se lit au moment où il s'applique. En aucun cas, la VEMA ne peut être supérieure à la VEMP.

 

 

12 - L’utilisation de plateformes au propane équipées de catalyseurs et de détecteurs de monoxyde de carbone pour des travaux intérieurs est-elle adéquate ?

Pour des travaux intérieurs, l’utilisation de plateformes électriques doit être privilégiée. En effet, même si la plateforme est équipée d’un catalyseur, l’efficacité de ce dernier demeure relative. Pour que le catalyseur soit efficace, le moteur doit fonctionner à une température élevée. Du fait des arrêts et redémarrages fréquents, cette température n’est que rarement atteinte, voire jamais.

 

13 - Le port du harnais de sécurité est-il requis quand on utilise une plateforme élévatrice ?

Pour les plateformes de type girafe, les travailleurs doivent porter obligatoirement et en tout temps un harnais fixé au dispositif d’ancrage prévu à cet effet par le manufacturier afin de prévenir le risque d’être catapulté. Par ailleurs, le cordon d’assujettissement devrait être le plus court possible.

Quand on utilise une plateforme élévatrice de type ciseaux, le port du harnais de sécurité est requis dès que l’utilisateur n’a plus ses deux pieds sur le plancher de la plateforme en question, comme par exemple lorsqu’il quitte la plateforme pour changer de niveau. Le harnais doit alors être fixé au dispositif d’ancrage prévu à cet effet par le manufacturier.

Dans la situation où l’utilisateur garde les deux pieds en permanence sur le plancher, l’article 346 du Règlement sur la santé et la sécurité du travail (RSST) mentionne que : « le port d'un harnais de sécurité est obligatoire pour tout travailleur exposé à une chute de plus de 3 mètres de sa position de travail, sauf si le travailleur est protégé par un autre dispositif lui assurant une sécurité équivalente...».

Il est en général considéré que le garde-corps (présent, en bon état et conforme) de la plateforme élévatrice répond aux exigences d’un dispositif assurant au travailleur une sécurité équivalente. (À titre indicatif, l'article 6.4.1 de la norme CSA B354.2-01 Plates-formes de travail élévatrices mentionne que le système de garde-corps de la plateforme élévatrice procure une protection contre les chutes.). Rien n’empêche cependant à son utilisateur de porter un harnais dans cette situation non plus.

Attention : si le garde-corps de la plateforme élévatrice est amovible, il ne faut pas s’y attacher. Respecter le point d’ancrage (souvent localisé au niveau du plancher) prévu par le manufacturier.

 

14 - Est-il obligatoire de donner une formation sur l’utilisation d’une plateforme élévatrice à ses utilisateurs ?

Aucune disposition spécifique sur ce volet n’est inscrite dans le Règlement sur la santé et la sécurité du travail (RSST). Cependant, une telle exigence pourrait être évoquée en vertu des obligations générales qui incombent à l’employeur. En effet, l’article 51.9 de la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST)précise que l’une des obligations de l’employeur est d’« informer adéquatement le travailleur sur les risques reliés à son travail et lui assurer la formation, l'entraînement et la supervision appropriés afin de faire en sorte que le travailleur ait l'habileté et les connaissances requises pour accomplir de façon sécuritaire le travail qui lui est confié ».

Par ailleurs, à la suite de plusieurs accidents mortels impliquant des plateformes élévatrices, un avis de danger a été émis en 2005. Dans ce dernier, la Commission pour la santé et la sécurité du travail (CSST) demande notamment aux employeurs de « s'assurer, par un programme de formation approprié, que tout travailleur chargé d'opérer, d'inspecter ou d'entretenir une plateforme élévatrice le fasse en respectant les dispositions de la section 7 de la norme CSA B 354.2-01. ».

Cette norme mentionne que « seul le personnel ayant reçu la formation sur l'inspection, l'utilisation et la conduite de plateforme élévatrice, y compris l'identification et l'évitement des risques associés à la conduite, peuvent conduire une plateforme élévatrice ». À titre d’information, le contenu de la formation y est également précisé.

Pour en savoir plus :

 

15 - Les conditions atmosphériques ont-elles une influence sur l’utilisation d’une plateforme ?

Lors de l’utilisation de plateformes, il est important de prendre en considération les conditions climatiques.

  • Par grand vent, il faut éviter d’utiliser toute plateforme. Selon l’article 4.7 de la norme B354.2 - 01, les tests de stabilité de la plateforme doivent être effectués pour démontrer sa stabilité à des vents de 45 km/h. Si des plateformes sont utilisées en présence de vents de vitesse supérieure, leur utilisation n’est par conséquent plus conforme. De plus, il faut prendre garde aux rafales de vent engendrées par des effets corridors des bâtiments. Enfin, on ne doit tolérer aucune cabane montée sur la plateforme pour se protéger de la pluie : le vent aurait une trop grande emprise. La résistance que cette cabane (toile) occasionne augmente le risque de renversement de la plateforme.
  • En cas d’orage, l’utilisation de plateformes est à proscrire en raison des risques de foudroiement.. La même recommandation s’applique dans les cas de température très froide (à partir de -20 degrés Celsius) et en cas de brouillard (réf. Code de sécurité des travaux de construction (CS), art. 3.10.1.e).

En conclusion, évaluer les conditions climatiques est essentiel pour prévenir le renversement d’une plateforme. Ajoutons qu’en fonction de ces observations, une vérification des conditions du sol peut aussi s’avérer nécessaire (enlèvement de la neige, etc., ET application d’un antidérapant, par exemple du sable) peut s’imposer (réf. : Code de sécurité des travaux de construction (CS), art. 3.2.4.b et c.).

 

16 - Comment prévenir la chute d’objets lors de travail dans une plateforme ?

La planification des travaux est essentielle pour atteindre cet objectif. Une plateforme ne doit jamais être utilisée au-dessus ou à proximité de travailleurs. La zone de travail doit être délimitée et une signalisation devrait avertir des travaux en cours (ex. : ruban adhésif) et aucune charge ne devrait être transportée au-dessus des utilisateurs d’une plateforme élévatrice. Il faut donc planifier les besoins en outils, équipements et matériel en fonction des tâches à effectuer, des méthodes de travail et de la capacité nominale de la plateforme utilisée. Ne pas lancer d’outils à partir de la plateforme en position haute et ne pas le faire non plus de plateforme à plateforme. Le même commentaire s’applique pour le matériel (ex. : rallonge électrique, laine minérale, tuyau de plomberie, 2 X 4, etc.). Si nécessaire, utiliser une corde pour monter ou descendre ces matériaux.

Les outils, équipements et matériaux devraient faire l’objet d’un rangement sécuritaire. Les outils et le matériel doivent être fixés quand ils ne sont pas utilisés et lors des mouvements/déplacements de l’appareil. Aucun outil ne doit être lancé d’une plateforme en position levée. Les outils et le matériel ne doivent pas excéder le garde-corps et être à l’intérieur de la plateforme. Il faut donc veiller à ne transporter que le minimum de matériaux requis et qui, de plus, respectent les limites de la plateforme et à garder la plateforme le plus possible dégagée (accumulation  limitée de débris et autres objets pouvant chuter).

  

17 - Quelles sont les précautions à prendre lors de l’alimentation en carburant , essence ou diésel, d’une plateforme ?

Pour toutes ces plateformes, un risque d’incendie ou d’explosion existe quand on fait le plein de carburant. Tout moteur doit impérativement être arrêté lors de cette manœuvre (Code de sécurité des travaux de construction (CS), art. 3.10.1.d et e) et fumer est bien évidemment incompatible avec cette activité, tant pour la personne qui fait le plein que pour ses voisins. Tout déversement de carburant doit être nettoyé avant le redémarrage de la plateforme. Les recommandations du manufacturier à ce sujet doivent être respectées, ainsi que les règles spécifiques de chaque chantier (ex. : recharge des batteries, ravitaillement de plateforme, etc.).

  

18 - Que doit-on faire avec la plateforme à la fin du quart de travail ?

Une fois la plateforme complètement descendue, elle doit être rangée à l’endroit prédéterminé et défini dans le programme de prévention du chantier. Les instructions du manufacturier doivent être respectées pour arrêter l’équipement. En général, une fois le véhicule immobilisé, la plateforme descendue au sol, les commandes de contrôle placées au point neutre et le frein de stationnement serré, le moteur peut être coupé. La clé devrait être retirée du contact et les roues calées.

La clé devrait être remise soit à la personne désignée à cet effet dans le programme de prévention du chantier ou rangée à l’endroit défini dans ce même programme. Il est aussi recommandé de protéger le poste de commande des intempéries (le recouvrir par exemple). La plateforme devrait finalement être déchargée et nettoyée.

Ajoutons qu’en établissement, les plateformes élévatrices doivent être stationnées dans un endroit approprié respectant les recommandations du manufacturier, de manière à ne pas gêner l’accès au matériel de lutte contre les incendies, aux escaliers et aux sorties de secours. De plus, elles doivent se trouver à l’écart de toute source de chaleur. La clé devrait être remise à la personne désignée à cet effet ou rangée à l’endroit défini dans le programme de prévention encadrant son utilisation.

  

19 - Une plateforme élévatrice doit être déplacée d’un point de service  à un autre. Quels sont les éléments que je dois prendre en considération ?

La grande majorité des plateformes peut recevoir les fourches d’un chariot élévateur. Avant d’effectuer le chargement, le cariste doit valider que la capacité de charge du chariot élévateur est suffisante pour soulever la plateforme. Le cas échéant, il suit les recommandations du manufacturier pour effectuer le déplacement de la plateforme. En général, il positionne les fourches aux endroits prévus puis effectue le déplacement de cette dernière en la soulevant au minimum.

S’il faut charger la plateforme sur un camion, le camionneur se doit de respecter les règles de sécurité et méthodes de travail établies pour la charger. De l’improvisation pourrait entraîner le renversement de la plateforme. Vérifier que la compagnie de livraison ait l’expertise souhaitée avant le jour du transport. Avant le départ, valider que les roues de la plateforme sont bloquées, l’arrêt d’urgence en place et s’assurer que la plateforme est bien arrimée au camion (structure attachée).

 

ASSTSAS © 2008 - 2012. Tous droits réservés.