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La réponse à cette question est sujette à réserve.
Durant la grossesse, la morphologie de la femme enceinte évolue :
- une modification du visage, plus ou moins marquée, peut être constatée chez certaines femmes enceintes ;
- la grossesse implique aussi un gain de poids pour la plupart des femmes.
Ces deux éléments sont des facteurs personnels mentionnés comme importants par la norme CSA Z94.4-93 : Choix, entretien et utilisation des respirateurs, qui a force de loi au Québec. Ces deux éléments sont susceptibles d’entraîner la tenue d’un nouveau test d’ajustement pour une personne ayant déjà subi un test d'ajustement.
Si une femme a subi un test d’ajustement par le passé, avant sa grossesse, et qu’il lui est demandé de porter l’APR qui lui convenait à cette période, rien ne permet d’emblée d’assumer que cet APR lui convient lors de sa grossesse. Il faudrait donc reconduire un test d’ajustement afin de valider quel est l’APR qui lui convient.
Cependant, il faut absolument se questionner en parallèle sur les points ci-dessous.
- Affectation d’une femme enceinte en zone contaminée
Cette affectation est-elle sécuritaire ? Est-elle réellement nécessaire et inévitable ?
En effet, il ne faut pas exposer une femme enceinte à des situations de travail qui pourraient être dommageables pour sa santé ou celle de l’enfant à naître. C’est d’ailleurs un droit de la travailleuse enceinte et une obligation à respecter pour les employeurs.
Dans un contexte de pandémie H1N1, des données américaines, en date du 29 juillet 2009, semblent démontrer que les femmes enceintes soient 4 fois plus à risque de contracter le virus H1N1 que la population générale ne l’est et qu’elles présentent également plus de risques de développer des complications si elles sont atteintes par le virus H1N1, et ce, même si elles sont en bonne santé au préalable.
Durant les 2 premiers mois de l’apparition du virus H1N1 aux USA, 13 % des femmes enceintes atteintes du H1N1 sont décédées. Les effets du virus H1N1 sur le fœtus ne sont guère connus par ailleurs. Mentionnons au passage que les femmes enceintes sont aussi plus à risque de développer des complications de grossesse durant les épidémies d’influenza saisonnière. Le risque dépend, entre autres, du nombre de semaines de grossesse complétées. Par ailleurs les virus de type influenza hautement pathogènes, tels que le virus de l’influenza aviaire (H5N1), semblent être capables de traverser la barrière placentaire.
Au Québec, le comité médical provincial d’harmonisation pour une maternité sans danger (CMPH-PMSD), dans un avis intérimaire émis le 25 mai 2009 à la demande de la Direction nationale de santé publique, s’est prononcé sur la question du danger que représente le virus A H1N1. Il considère en effet « que l’influenza A (H1N1) constitue un danger pour la femme enceinte dans le contexte des connaissances actuelles, et ce, pour toute la durée de la grossesse ». Spécifiquement pour les milieux de soins (centres hospitaliers, cliniques médicales et CLSC), le CMPH-PMSD est d’avis « que les tâches impliquant des contacts rapprochés auprès de clientèles présentant un syndrome d’allure grippale ou d’une influenza A (H1N1) confirmée sont à risque pour la travailleuse enceinte ».
Ce comité recommande, pour les milieux de soins, la réaffectation de la travailleuse enceinte « pour toute la durée de sa grossesse, ou jusqu’à ce que les connaissances épidémiologiques en justifient la modification, à des tâches n’impliquant pas de contacts rapprochés auprès de la clientèle présentant un syndrome d’allure grippale ou d’une influenza A (H1N1) confirmée».
Note : Cet avis est a priori destiné aux médecins désignés qui émettent des recommandations lors d’une demande de retrait préventif dans le cadre du programme de maternité sans danger. Mentionnons que toutefois que les avis émis par le CMPH-PMSD n’ont pas de portée obligatoire, chaque médecin désigné étant autonome dans son évaluation des risques pour la travailleuse enceinte ou qui allaite.
Ainsi, chaque situation de travail et son contexte doivent être analysés avant qu’une femme enceinte y soit possiblement affectée.
- Pertinence de tenir un fit test durant la grossesse d’une femme : quels sont les buts recherchés ?
Si l’objectif est de définir le port d’appareil de protection respiratoire après son retour au travail ou si on souhaite valider un choix d’APR effectué par le passé avec un test d’ajustement réussi à l’époque, il serait davantage pertinent d’attendre le retour au travail après l’accouchement pour tenir le test.
En effet, s’il n’y a pas d’urgence, le résultat ne sera de toute manière pas significatif et absolu dans le temps. N’y aurait-il pas lieu dans ce contexte d’effectuer le test ultérieurement ?
- Validité et durée du résultat d’un test d’ajustement reconduit
La morphologie d’une femme enceinte et son gain de poids sont en constante évolution et ne sont pas a priori contrôlables. Rien n'indique qu’un fit test effectué et réussi à un moment donné dans la grossesse aura le même résultat à un stade plus avancé.
Ainsi, aucune garantie de protection ne semblerait exister. La littérature scientifique est d’ailleurs pauvre à ce sujet. Or, la responsabilité des employeurs est de confier à une femme enceinte des tâches sans danger pour sa grossesse ou pour l'enfant à naître.
En résumé
Si vous êtes dans une situation de travail qui implique l’affectation d’une travailleuse enceinte à une tâche qui requiert le port d’un appareil de protection respiratoire, assurez-vous d’avoir préalablement examiné l’ensemble du questionnement afin de valider si l’affectation est nécessaire et sécuritaire. Avant d’assigner une femme enceinte à la tâche en question, ou si vous ou la travailleuse enceinte avez un doute, adressez-vous au service de santé de votre établissement afin de valider le tout.
Rappelons que toute travailleuse enceinte qui croit que son travail comporte un danger pour sa santé ou pour celle de l’enfant à naître peut consulter son médecin, lui décrire son travail et lui demander de remplir le « Certificat visant le retrait préventif et l'affectation de la travailleuse enceinte ou qui allaite » afin de valider les conditions sécuritaires dans lesquelles son travail peut être effectué et pour lever tout doute le cas échéant.
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Oui, il est possible d’effectuer un test d’ajustement sur une femme enceinte. Cependant, il faut au préalable s’interroger sur sa signification et sur la pertinence de le conduire (voir ci-dessus : devrait-on effectuer un test d’ajustement sur une femme enceinte ?).
Durant la grossesse, la morphologie de la femme enceinte évolue :
- une modification du visage, plus ou moins marquée, peut être constatée chez certaines femmes enceintes ;
- la grossesse implique aussi un gain de poids pour la plupart des femmes.
Ces deux éléments sont des facteurs personnels mentionnés comme importants par la norme CSA Z94.4-93 : Choix, entretien et utilisation des respirateurs, qui a force de loi au Québec. Ces deux éléments sont susceptibles d’entraîner la tenue d’un nouveau test d’ajustement pour une personne ayant déjà subi un test d'ajustement.
Si une femme a subi un test d’ajustement par le passé, avant sa grossesse, et qu’il lui est demandé de porter l’APR qui lui convenait à cette période, rien ne permet d’emblée d’assumer que cet APR lui convient lors de sa grossesse. Il faudrait donc reconduire un test d’ajustement afin de valider quel est l’APR qui lui convient.
Les tests d’ajustement de type qualitatifs
Ces tests impliquent l’utilisation de solutions chimiques. Mentionnons que la saccharine traverse le placenta et qu’aucune donnée n’est documentée à ce sujet sur la fiche de données de sécurité du bitrex.
En outre, une recherche effectuée en 2004 aux USA a documenté la présence d’agents stresseurs lors de la réalisation de tests d’ajustement de type qualitatifs pour des groupes de personnes spécifiques, dont faisaient partie les femmes enceintes, comme par exemple :
- une augmentation des niveaux de dioxyde de carbone sous la cagoule ;
- une diminution des niveaux d’oxygène sous la cagoule ;
- une augmentation de la température sous la cagoule d’environ 7,5 degrés Fahrenheit.
Les tests d’ajustement de type quantitatifs
Des tests d’ajustements de type quantitatifs, où aucune solution chimique n’est utilisée, peuvent être conduits. Par ailleurs, l’étude citée ci-dessus, a documenté l’absence des agents stresseurs identifiés précédemment lors des tests d’ajustements de type quantitatif.
Ainsi, si vous devez procéder à un test d’ajustement sur une femme enceinte, un test d'ajustement de type quantitatif serait indiqué car il n’exposerait la femme enceinte à aucune une substance chimique et les agents stresseurs présents seraient minimisés.
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